Conférence/Débat

L’Islam et l’universalité de la norme démocratique.

4ème conférence du cycle de 6 conférences : L'islam face au défi des temps modernes.

Par Yadh Ben Achour, juriste, spécialiste de droit public et des théories politiques en islam. Ancien doyen de la Faculté des sciences juridiques de Tunis, ancien président de la Haute instance de la Révolution, membre du Comité des droits de l’homme des Nations Unies. Il est notamment l’auteur de Aux fondements de l’orthodoxie sunnite (PUF, 2008), de La Deuxième Fatiha. L’islam et la pensée des droits de l’homme (PUF, 2011) et de Tunisie, une révolution en pays d’islam (Cérès Editions, 2016).

L’Islam et l’universalité de la norme démocratique

Pour certains penseurs, l’islam n’aurait aucune difficulté à admettre l’universalité de la norme démocratique et la philosophie des droits de l’homme qui l’accompagne. Pour les tenants de ce que nous pouvons appeler le radicalisme religieux, ces idées sont d’extraction occidentale et constituent une négation des préceptes de l’islam et des droits de Dieu. Quelle interprétation peut-on leur opposer ?

Autres conférences :

• Jeudi 27 septembre 2018 — 18h : Averroès et les autres. Introduction à l’Islam de la liberté.

• Jeudi 29 novembre 2018 — 18h : Sur le concept d’orthodoxie de masse.

• Jeudi 17 janvier 2019 — 18h : L’universalité de la norme démocratique et l’Islam. La norme démocratique face au relativisme historico-culturaliste. • Jeudi 31 janvier 2019 — 18h : L’Islam et l’universalité de la norme démocratique.

• Jeudi 25 avril 2019 — 18h : Conversion, violence et tolérance.

Approche comparée entre l’Islam et le christianisme.

• Jeudi 6 juin 2019 — 18h : L’islam et la révolution.

Présentation du cycle de conférences :

La chaire Averroès inaugure un cycle d’études et de recherches sur l’Islam contemporain face aux défis du XXIe siècle. Pourquoi Averroès ? La première conférence du cycle répond à cette question. Averroès a repensé le statut de la loi grâce à une herméneutique particulière qui ouvre la voie de la liberté aussi bien à l’interprète qu’au croyant. Parmi les défis majeurs auxquels l’Islam doit faire face, il faut considérer prioritairement la question de la norme  démocratique et des droits de l’homme. Pour cela, il faut désenclaver l’Islam d’une certaine interprétation fixiste de la loi pour lui permettre de s’ouvrir à la pensée démocratique. Mais, pour cela, il faut d’abord désenclaver la norme démocratique elle-même du relativisme historico-culturaliste dans lequel veulent la maintenir les théories politiques  antidémocratiques, comme le fascisme, ou encore le radicalisme religieux. Cette ouverture ne peut être possible que par la voie d’une rupture radicale avec l’orthodoxie de masse qui a encadré la pensée islamique depuis des siècles. L’orthodoxie de masse qui explique aussi bien le prosélytisme, que la violence, doit être remplacé par une nouvelle culture, celle de la tolérance. Le problème, c’est que la tolérance ne fait pas partie, à l’origine, des principes directeurs de la religion. C’est par un jeu complexe de déstructuration intellectuelle et de reconfigurations  linguistiques que l’Islam s’acclimate peu à peu à cette culture de la tolérance.

  Lieu : IMéRA, Maison des astronomes, 2 place Leverrier 13004 Marseille