Nouveau Carnet de l'EHESS sur le thème "Connaître à l'ère du soupçon"

Publié par EHESS - Campus Marseille, le 24 mai 2022   66

Lancés en 2020 en pleine pandémie, les Carnets de l’EHESS ont pour vocation d’œuvrer à la compréhension de grandes questions mises en lumière par l’actualité sociale et politique en mobilisant les outils que nous proposent les sciences sociales. Telle est d’ailleurs la vocation de l’Ecole : produire les savoirs qui permettent aux sociétés et aux acteurs sociaux de prendre conscience d’eux-mêmes, d’améliorer leurs marges d’action voire d’ouvrir les voies de l’émancipation.

Après "Perspectives sur le coronavirus" (2020) et "Perspectives sur l'après Georges Floyd" (2021) , cette nouvelle série des Carnets de l’EHESS part de l’observation courante de sociétés contemporaines en proie à la rumeur, à la « fausse nouvelle », aurait dit Marc Bloch, et, finalement, à la défiance généralisée qui mine le lien social. On accuse, non sans quelque fondement, les « réseaux sociaux » d’être à l’origine de cette nouvelle configuration où le soupçon semble s’être installé au cœur de nos relations sociales. Comment penser qu’ils puissent être les seules causes de l’épuisement de la confiance sociale ? Le diagnostic général est cependant le bon. Loin d’apporter les bienfaits d’un « esprit critique » tempéré par un bon usage de la raison, le relativisme radical contemporain, produit par cette ère du soupçon, fragilise de plus en plus nos sociétés en les rendant plus que jamais éruptives. La mise en doute de tous et de tout ronge le ciment social et nous menace peut-être d’un effondrement moral dont il sera difficile de se relever.

Cette lecture peut-être trop sombre sera mise à l’épreuve des études qui suivent et suivront. Il était indispensable de s’emparer d’une telle question tant les sciences sociales sont elles-mêmes menacées par un soupçon institué sans limite et sans mesure comme seule modalité possible d’accès à la « vérité ». Bien repéré et correctement décrit ce mal devra trouver ses remèdes définis sur la base d’un examen approfondi que nous proposent les chercheuses et les chercheurs réunis ici.

Ci-dessous les trois premiers billets de cette nouvelle série :